Education des enfant selon la Parole de Dieu

 

À propos de l’éducation des enfants

 

 

« Tu connais quand je m’assieds et quand je me lève » (Psaume 139 : 2)

 

Table des matières :

1 - Ce que Dieu voit dans nos vies

2 - Instruire les enfants dans la Parole de Dieu

3 - L’éducation est à la charge des parents

4 - Commencer tôt et inculquer l’obéissance

5 - Présenter le modèle du Seigneur

6 - Ni trop sévères ni trop indulgents

7 - Donner l’exemple

 

 

1 - Ce que Dieu voit dans nos vies

 

« Tu connais quand je m’assieds et quand je me lève, » dit le psalmiste à l’Éternel (Psaume 139 : 2), et c’est une bonne chose que nous nous en souvenions souvent dans notre vie journalière. Car « une parole dite en son temps, combien elle est bonne ! » (Proverbes 15 : 23). Est-ce que Lui qui connaît quand nous nous asseyons, nous a déjà vus assis au banc des moqueurs (Psaume 1 : 1), ou avec des gens dissimulés (Psaume 26 : 4), ou même comme Lot, à la porte de Sodome (Genèse 19 : 1), ou comme Pierre, qui était assis près du feu de ses ennemis ? (Luc 22 : 55).

Est-ce que Lui, qui connaît quand nous nous levons, nous a déjà surpris alors que, semblables aux enfants d’Israël qui se levaient pour se divertir (Ex. 32:6), nous nous levions le matin remplis d’avance de la joie des choses de ce monde dont nous espérions jouir ce jour-là ? Ou bien a-t-il vu que « nous prenions plaisir à nous asseoir à l’ombre de notre Bien-aimé » (Cant. 2:3), pour jouir de son fruit, doux au palais ? Que, comme Marie, nous étions assis tranquilles à ses pieds et écoutions sa Parole ? (Luc 10:39). Ou aussi, que nous nous levions pour le louer, comme autrefois le peuple de Dieu se leva, sous Néhémie, pour louer l’Éternel son Dieu (Néh. 9:5). Rien n’échappe à son œil, qui est tourné sur le chemin des justes, pas plus si nous restons assis quand nous devrions nous lever, comme, par exemple, devant les cheveux blancs (Lév. 19:32), que si nous nous levons quand nous devrions rester assis, comme Marthe le faisait autrefois en contraste avec sa sœur.

 

2 - Instruire les enfants dans la Parole de Dieu

 

Oui, il connaît quand nous nous asseyons, et quand nous nous levons ; et cela en rapport aussi avec une chose très importante pour tous ceux parmi nous, auxquels Dieu a accordé des enfants : je veux parler de l’éducation de ces enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur. Il est dit en Deutéronome 6 : 5-7 : « Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force. Et ces paroles que je te commande aujourd’hui, seront sur ton cœur. Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras par le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ». D’une manière toute aussi pressante qu’aux parents israélites d’autrefois, cette exhortation s’adresse à nous.

Nous devons instruire nos enfants dans la parole de Dieu, faire d’elle la règle de leur éducation, de toute leur vie, jour après jour, heure après heure, quand ils sont assis à la maison, quand ils marchent par le chemin, quand ils se couchent et quand ils se lèvent. L’œil du Seigneur repose sur nous, et il connaît quand nous nous asseyons, quand nous nous levons, et tout ce que nous faisons.

Une éducation chrétienne ne peut avoir comme point de départ que la parole de Dieu. Cette Parole forme la première et la plus importante source de tout enseignement. Elle définit le caractère de l’éducation dans chacun de ses détails, et le Saint Esprit s’en sert pour agir sur les enfants, les conduire et les développer. Il est bon de remarquer ici que les pères israélites, qui devaient inculquer à leurs enfants les paroles de l’Éternel, sont eux-mêmes exhortés auparavant à aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme, et de toute leur force, puis à porter les paroles de l’Éternel dans leurs propres cœurs. Les parents qui ne connaissent pas la parole de Dieu, qui ne gardent pas dans leurs cœurs ses enseignements et ses instructions, sont de mauvais éducateurs pour leurs enfants : ils ne savent pas les élever pour Dieu et les diriger. Et les parents qui n’aiment pas Dieu de tout leur cœur sont de mauvais éducateurs, parce que les enfants ne voient pas confirmés et réalisés par l’exemple de leurs parents la Parole qui leur a été inculquée et les enseignements qu’ils ont reçus. Mais quand ces deux choses se rencontrent, quand les parents implantent la parole de Dieu dans le cœur des enfants, quand en quelque sorte ils arrosent ces jeunes plantes en germe par l’exemple de leurs vies, alors Dieu, dans sa grâce, donnera de la prospérité.

 

3 - L’éducation est à la charge des parents

 

Tous les parents chrétiens ont le saint devoir d’élever leurs enfants pour Dieu et sont en cela sérieusement responsables, parce que la famille entière, les parents aussi bien que les enfants, n’est pas « dans le monde », mais « dans le Seigneur ». Les parents ne doivent pas non plus abandonner l’éducation de leurs enfants à d’autres personnes, si même elles y étaient très propres. Il n’est pas dit : « Faites élever, » mais : « Élevez vos enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (Éphésiens 6 : 4). C’est une grande consolation pour nous, que la Parole nous donne ici tous les enseignements, exhortations et avertissements nécessaires, et que nous puissions puiser en elle toute la force et la sagesse dont nous avons besoin pour l’éducation de nos enfants.

 

4 - Commencer tôt et inculquer l’obéissance

 

Commençons donc cette éducation de bonne heure, car c’est notre désir ardent que nos enfants soient amenés aux pieds de Jésus et soient promptement sauvés. Dieu en soit béni, nous savons que si nos enfants sont rappelés dans leur premier âge, ils vont auprès du Seigneur. Comme tous les hommes, ils sont perdus selon la nature, enfantés dans l’iniquité et conçus dans le péché (Psaume 51 : 5) ; mais Dieu les met, selon l’immensité de sa grâce, au bénéfice de la mort de Christ, car son bien-aimé Fils est venu dans le monde pour sauver ce qui est perdu. Aussi longtemps qu’ils ne peuvent pas discerner entre le bien et le mal, ils ne sont pas placés sur le terrain de la responsabilité, et ne peuvent pas encore être invités à croire et à accepter l’Évangile. Il est difficile de dire à quelle époque chez l’enfant, la conscience du bien et du mal se réveille et quand sa responsabilité commence. Le moment varie suivant la situation et le développement de l’enfant. C’est pourquoi, aussitôt que possible, parlons de Jésus aux enfants et plaçons-les devant Lui par la prière. Cela s’adresse en première ligne aux mères ; oui, parlons-leur quand nous sommes assis à la maison, ou à la promenade, quand nous nous couchons, quand nous nous levons ! Nous devons aussi, et cela s’adresse aux pères en première ligne, commencer déjà de bonne heure à maintenir vis-à-vis de nos enfants le principe de l’obéissance, d’une obéissance sans restrictions, qui est le premier principe de l’éducation de Dieu avec Ses enfants. N’oublions pas que la propre volonté et l’indépendance se font remarquer dès la plus tendre enfance et doivent être aussitôt réprimées. Ce principe est même reconnu dans le monde qui ne tient pas compte de Dieu et de sa Parole. Inculquer à la jeunesse l’obéissance envers les parents, envers les maîtres, envers la loi, envers toute autorité établie, est une partie importante de l’éducation qui en apprend la nécessité dans l’histoire du monde et dans les événements de chaque jour. En Rom. 1:30, nous apprenons que la désobéissance envers les parents était un caractère principal de la corruption dans le paganisme, et dans 2 Tim. 3:2, que ce caractère se retrouve dans les derniers jours du christianisme. On peut aussi remarquer dans tous les temps, que le mépris de l’autorité est le signe précurseur de toute révolution sociale ou politique. Nous partageons ainsi avec le monde la responsabilité d’exiger de nos enfants une obéissance sans condition ; mais nous suivons ce principe à d’autres points de vue et avec une tout autre méthode.

Nous ne devons pas simplement exiger l’obéissance des enfants à cause de notre autorité, mais nous devons leur inculquer cette parole : « Vous, enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, car cela est agréable dans le Seigneur » (Colossiens 3 : 20).

Notre devoir est de les amener au sentiment que Dieu lui-même leur ordonne d’obéir aux parents, et que cela appartient à leur responsabilité personnelle et directe vis-à-vis de Dieu.

 

5 - Présenter le modèle du Seigneur

 

Les enfants doivent apprendre que leurs parents agissent d’après le commandement et la volonté du Seigneur, qu’ils donnent leurs ordres et font leurs défenses, comme il plaît au Seigneur.

Nous pouvons attirer leur attention sur le saint modèle que notre bien-aimé Seigneur leur a laissé, lequel, quoique étant Fils de Dieu, était soumis à ses parents (Luc 2 : 51). Pour cette éducation, nous avons sans doute besoin beaucoup de la sagesse de Celui qui nous a confié ce devoir, et aussi du même esprit d’amour, de patience et de bienveillance envers nous que Dieu emploie. À cet égard, nous avons souvent fait l’expérience de ce qu’est la chair en nous, et quand nous avons rencontré de l’opposition de la part de nos enfants, nous n’avons pas tenu compte de l’exhortation : « Ne provoquez pas vos enfants » (Éphésiens 6 : 4).

Nous avons aussi maintes fois oublié qu’il est selon Dieu d’avoir égard aux sentiments et à la faiblesse de nos enfants, et tout en maintenant ce qu’ils doivent au Seigneur, de ne pas mettre sur leurs épaules plus qu’ils ne peuvent porter, « afin qu’ils ne soient pas découragés » (Colossiens 3 : 21).

 

6 - Ni trop sévères ni trop indulgents

 

D’autre part, gardons-nous de tomber dans la faute opposée et d’être trop indulgents ou faibles, ou bien d’être trop sévères parfois et trop indulgents d’autres fois, ou encore de négliger la correction pour épargner de la peine à nos propres cœurs. C’est ainsi que souvent nous contribuons à la ruine de nos enfants et préparons à nous-mêmes un avenir plein de remords et d’amertume.

« Celui qui épargne la verge » — est-il dit en Proverbe 13 : 24 — « hait son fils ; mais celui qui l’aime met de la diligence à le discipliner ». Ayons toujours devant les yeux la manière dont Dieu, qui est plein de grâce et de miséricorde, enseigne l’obéissance à ses enfants. D’abord il nous avertit, lorsque nous refusons d’obéir, une fois, deux fois, comme nous voyons en Job 33 : 14. Si nous ne prenons pas garde à ces avertissements, nous nous attirons des réprimandes, et nous trouvons dans notre chemin des obstacles, ou des entraves aux projets que nous avions formés de notre propre chef. Si nous persistons malgré cela, notre divin Éducateur prend la verge pour nous châtier, mais même alors en amour, selon sa sagesse et pour notre profit, « afin que nous participions à sa sainteté » (Hébr. 12:10). Oui, le but de son éducation est de nous délivrer de tout mal, de toute propre volonté, et de nous rendre conformes à son image.

Tel doit être aussi de notre part le but de toute éducation : voir croître nos enfants pour le Seigneur, dans la séparation et la sanctification pour Lui, et non pas pour le monde ; les garder du mal qui est dans le monde et maintenir la seigneurie de Christ dans toute leur vie.

 

7 - Donner l’exemple

 

Chaque étape du développement des enfants nous apporte de nouveaux devoirs. Alors il ne suffit plus de leur donner simplement connaissance de la parole de Dieu, de leur interdire toute conformité au monde dans les habitudes, les plaisirs, l’habillement, le choix des lectures et choses semblables, mais (en cela consiste notre sérieuse responsabilité) de leur montrer par notre propre conduite, par une marche fidèle dans la dépendance du Seigneur, par une sérieuse séparation du monde et de sa manière d’agir, par le ton qui règne dans la maison, par l’intérieur que nous leur procurons, par l’amour dont ils sont entourés, qu’ils appartiennent à une famille qui sert le Seigneur, qui cherche à faire en toutes choses sa volonté, et trouve en Lui sa joie, son bonheur et tout son plaisir. Alors on ne verra pas les enfants jeter des regards d’envie vers le monde, dont les sépare leur union avec des parents croyants, mais ils seront reconnaissants pour le bien que Dieu leur a fait dans la maison paternelle. Ils y puiseront des forces pour la vie qu’ils devront aborder seuls plus tard, et le Seigneur se servira des fruits de leur éducation pour leur croissance spirituelle et pour son témoignage.

Ne devrions-nous pas nous examiner chaque jour, pour nous rendre compte dans la Parole et par la prière, jusqu’à quel point nous élevons nos enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur, jour après jour, heure après heure, quand nous sommes assis à la maison, en promenade sur le chemin, quand nous nous couchons et quand nous nous levons ?

N’oublions pas qu’il sait quand nous nous asseyons et quand nous nous levons, et qu’il discerne de loin nos pensées. - Biblequest   Transmis par René Barrois


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Instruis l’enfant

Par Joël Prohin

 

  1. QU’EST-CE QU’UN ENFANT ?

 

a. Un enfant est un pécheur

 

« La folie est attachée au cœur de l’enfant. » (Proverbes 22 : 15)

 

Les Proverbes sont en pleine cohérence avec l’ensemble de la Bible sur ce point : tout enfant naît avec une nature pécheresse. Même avant d’avoir atteint l’âge de responsabilité, un enfant n’est jamais un « innocent ». Toute éducation qui ne part pas de ce postulat de base risque de faire fausse route. A la suite de Rousseau, il est sans doute plus facile d’incriminer le contexte, la société, les enseignants, etc., que de reconnaître humblement que nous avons légué à nos enfants la même nature encline au mal que la nôtre… Ne nous laissons pas influencer par les nombreuses théories sur la soi-disant « neutralité » de la nature de l’enfant. N’excusons donc pas le péché de nos enfants, mais sachons le nommer, y compris devant eux. Les rendre conscients de leur état réel est sans doute un des meilleurs moyens de les conduire au salut.

 

b. Un enfant est naïf

 

« Proverbes de Salomon […] pour donner aux simples du discernement. » (Proverbes 1 : 1-4)

 

Les Proverbes ont pour but de mettre en garde le « simple ». Ce terme désigne celui qui est sans expérience, facile à tromper ou à séduire (Proverbe 14 : 15) et qui a plutôt un penchant vers le mal (Proverbes14 : 18). L’éducation vise prioritairement à donner à l’enfant les moyens d’affronter le monde qui l’entoure et dans lequel il devra être bientôt autonome :

- nos enfants vivent souvent dans un monde imaginaire idéalisé ; sans leur ôter la part de rêve nécessaire à l’enfance, sachons les amener progressivement vers le réalisme : non, dans la vraie vie, toutes les histoires ne se terminent pas par un mariage romantique !
- nos enfants vivent au présent ; aidons-les à envisager les conséquences futures de leurs actes : le sac de bonbons est attirant, mais la fraise du dentiste l’est moins !
- nos enfants sont impressionnés par l’apparence, le clinquant, l’extérieur ; montrons-leur que la vérité est souvent autre : leur copain qui a une grande maison pleine de jouets n’est pas forcément le plus heureux des garçons si, en même temps, son père est trop occupé par son travail pour passer un moment avec lui.

 

c. Un enfant est influençable

 

« L’homme simple croit tout ce qu’on dit, mais l’homme prudent est attentif à ses pas. » (Proverbes 14 : 15)

 

Parce qu’il est naïf (ou « simple », pour reprendre le terme des Proverbes), l’enfant croit volontiers ce qu’on lui dit. L’élève a généralement une confiance aveugle dans ce que lui affirme son maître ou sa maîtresse. Le petit enfant risque de suivre tout adulte, même un étranger. Raison de plus pour ne pas l’exposer inutilement à des influences qui pourraient se révéler ensuite difficiles à contrecarrer.

 

d. Un enfant est irréfléchi

 

« L’homme prudent voit le mal et se cache, mais les simples avancent et sont punis. » (Proverbes 22 : 3 )

 

L’enfant agit souvent par impulsion. Ma fille veut rejoindre sa copine de l’autre côté de la rue ; va-t-elle penser à regarder avant de traverser ? Tout entière tournée vers son but, elle oublie totalement le danger… jusqu’à ce que je lui crie un « stop » impératif ! Les Proverbes incitent souvent le « fils » à prendre le temps de la réflexion, à demander conseil, à peser le pour et le contre. Rien de bien naturel… mais un constant rappel à se « poser », sans pour autant « casser » toute spontanéité.

 

e. Un enfant est indiscipliné

 

« Celui qui aime la joie reste dans l’indigence. » (Proverbe 21 : 17)

 

Par nature, l’enfant tend à privilégier le plaisir sur la contrainte. Il est certes plus facile de sortir tout le contenu de sa caisse à jouets que de devoir la ranger le soir venu ! L’éducation doit avoir pour but de progressivement remplacer la contrainte externe (« Range ta chambre avant de te coucher ! ») par la reconnaissance intérieure des bénéfices de la discipline (il est plus agréable de se réveiller dans une chambre rangée, on peut retrouver un jouet égaré, etc.).

 

f. Un enfant est ingrat

 

« L’insensé dédaigne l’instruction de son père, mais celui qui a égard à la réprimande agit avec prudence. » (Proverbes 15 : 5)

 

N’attendons pas beaucoup de remerciements pour l’éducation que nous donnons à nos enfants ! Nos conseils, nos avertissements, nos reproches, généreront plus de critiques que de gratitude, et cela d’autant plus que nos enfants grandissent. L’adolescence est « l’âge sans pitié » ! Mais quand je vois mon ingratitude envers mon Père céleste, je m’étonne moins de celle des mes enfants… De plus, élever nos propres enfants nous conduit à mesurer concrètement la difficulté de la tâche ; alors nous portons a posteriori un regard moins sévère sur l’éducation que nous avons reçue. Et nos enfants, à leur tour, feront la même expérience !

 

g. Un enfant est créé à l’image de Dieu

 

« L’Eternel a tout fait pour un but. » (Proverbes 16 : 4)

 

Si nos enfants ont des traits de caractère liés soit à leur absence de maturité, soit à leur nature pécheresse, il n’en demeure pas moins qu’ils restent, chacun, une créature unique, merveilleuse, dans laquelle nous pouvons retrouver la trace de Dieu. Le développement physique, celui de la personnalité, l’éveil de l’intelligence, tout est une occasion constante de nous rappeler que chaque être a été voulu par Dieu pour un but, dans un cheminement unique auquel, comme parents, nous sommes appelés à contribuer pour un temps.

 

  1. COMMENT EDUQUER UN ENFANT ?

 

a. Selon son caractère

 

« Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. » (Proverbes 22 : 6)

 

Ce verset peut se comprendre de deux façons  :

 

1. La « voie » de l’enfant peut tout d’abord désigner l’ensemble de ses talents et de ses aptitudes naturelles. Une éducation à l’image de celle de Dieu envers nous, doit viser à faire éclore et s’épanouir les dons d’un enfant. Il n’est pas du tout dans la pensée biblique de forcer un enfant à faire ce pour quoi il n’est pas fait, sous le simple prétexte qu’il est soumis à l’autorité de ses parents. À la suite des recherches menées sur l’éducation des enfants, plus personne ne conteste aujourd’hui que l’enfant a sa personnalité propre ; celle-ci est d’autant plus fragile qu’elle n’est pas encore totalement formée et il convient de la respecter (Colossiens 3 : 21). Dans une famille riche de plusieurs enfants, les parents ont tôt fait de constater que la « voie » du cadet ne sera pas forcément celle de l’aîné ; l’éducation sera alors adaptée à chacun, selon la sagesse que seul le Seigneur peut donner.


2. Pour autant, ce verset ne signifie pas qu’il faille laisser libre cours à la volonté propre de l’enfant. La « voie » que veut suivre un enfant peut lui sembler droite, alors que ses parents discernent qu’elle conduit à la mort (Proverbes 14 : 12). Le verbe « élever » a aussi, dans d’autres contextes, le sens de « consacrer » une maison ou un temple (cf. Deuteronome 20 : 5 ; 1 Rois 8 : 64). Si nous avons à cœur de « consacrer » nos enfants au Seigneur, nous serons conduits à user d’une fermeté pleine d’amour pour les empêcher de se fourvoyer. Par réaction aux excès d’autoritarisme des siècles précédents, notre époque est marquée par un laxisme déstabilisateur pour l’enfant lui-même et pour l’ensemble de notre société. L’épanouissement du caractère de nos enfants ne passe ni par un endoctrinement forcené, ni par une rigueur excessive, mais par une stimulation à rechercher les valeurs chrétiennes, alliée, s’il le faut, à une discipline mesurée et contrôlée.

Si les deux conditions évoquées ci-dessus sont remplies, la seconde partie du proverbe nous donne une magnifique promesse : cette éducation portera un fruit durable.

 

b. En l’instruisant

 

« Ecoutez, mes fils, l’instruction d’un père. » (Proverbes 4 : 1)

 

Le verset étudié ci-dessus (Proverbes 22 : 6) donnait aux parents un commandement formel. L’instruction n’est pas optionnelle mais elle est un devoir des parents. Nos enfants ne doivent pas grandir comme de jeunes pousses sans tuteur, mais au contraire, être modelés par l’enseignement des parents . L’enseignement des parents :

- porte sur le mal, pour le prévenir, mais surtout sur le bien, pour le valoriser : l’excès d’avertissements et de « ne fais pas ceci » peut être décourageant ;
- concerne les sujets les plus variés : n’hésitons pas à aborder tous les domaines ; par exemple, il n’est pas normal que l’éducation sexuelle de nos enfants soit laissée à leur professeur ou aux lectures plus ou moins malsaines proposées par les copains ;
- est basé sur la Bible : sans s’obliger à citer à tout bout de champ des versets, des parents chrétiens devraient être capables de pouvoir étayer leurs instructions sur des principes bibliques clairs ; plus l’enfant grandira, plus il sera important de faire ce lien ;
- ne craint pas la répétition : les Proverbes eux-mêmes nous donnent l’exemple ; bien souvent, les mêmes instructions reviennent à plusieurs chapitres d’écart ; n’hésitons donc pas à revenir (sans perdre patience !) sur les mêmes enseignements.

 

c. Avec amour

 

« Mon fils, donne-moi ton cœur, et que tes yeux se plaisent dans mes voies. » (Proverbes 23 : 26)

Les théories modernes sur l’éducation ont justement remis en valeur l’importance de l’amour et des démonstrations d’amour envers nos enfants — de la part des pères en particulier. Notre amour se montrera de façon adaptée à chacun5, par des paroles et des actes, dans un esprit de sacrifice semblable à celui de Paul pour ses enfants dans la foi (1 Thessaloniciens 2.: 7-8). N’attendons pas de recevoir de l’amour de nos enfants pour leur en prodiguer largement, car l’exemple vient d’en haut, comme dans la famille de Dieu (1 Jean 4 : 19) : le cœur des parents s’ouvrira d’abord, et ensuite nous aurons souvent la joie d’avoir un fils ou une fille qui nous ouvrira le sien. Eduquer dans ce contexte devient alors un partage mutuel magnifique.

 

d. Sans hésiter à le corriger

 

« L’Eternel châtie celui qu’il aime, comme un père l’enfant qu’il chérit. » (3.12)
« La verge et la correction donnent la sagesse, mais l’enfant livré à lui-même fait honte à sa mère. » (Proverbes 29 : 15)

 

Les Proverbes sont célèbres pour ce que certains prennent pour une apologie du châtiment corporel. Ce simple fait suffit à discréditer les principes bibliques sur l’enseignement, les faisant passer pour totalement démodés. Dans plusieurs pays européens, il est légalement interdit aux parents de corriger physiquement leurs enfants ! Il est même question d’en faire une règle au niveau de la Communauté européenne. Notons tout d’abord que le terme « verge » n’est pas toujours à prendre au sens littéral6. Suivant l’âge, suivant le caractère de l’enfant, suivant la gravité de la faute, des moyens divers de discipline seront employés et l’éventail des punitions ne se limitera pas à la fessée ! Le point important est d’être persuadé, contre l’esprit actuel, de la nécessité de la correction :

parce que c’est ainsi que notre Père céleste — notre ultime modèle — agit envers nous (relire Hébreux 12.4-14, où ce verset des Proverbes est cité) ;

parce que c’est parfois le seul moyen de faire prendre conscience du mal ;
parce que nous montrons ainsi (paradoxalement dans un sens) que nous aimons nos enfants ;

parce que, même si, pour des parents, il est dur de devoir punir ses « petits chéris », il est encore plus dur de les voir s’enfoncer dans le péché du fait d’une carence de correction.

La discipline fournit aux enfants un cadre sécurisant dont ils ont absolument besoin pour leur équilibre personnel.

 

e. Par l’exemple

 

« Ecoute, mon fils. Je te montre la voie de la sagesse. » (Proverbes 4 : 10-11)

 

Salomon n’a malheureusement pas été un exemple en tout pour son fils, mais pour autant, soyons persuadés que toute éducation risque de faillir immanquablement si les deux parents ne donnent pas l’exemple. Si notre principe est : « Fais ce que je dis et ne fais pas ce que je fais », les résultats seront catastrophiques ! Nos enfants sont des observateurs constants, perspicaces et critiques de nos actions ; aussi enseignons-les premièrement par notre propre façon de vivre.

 

  1. LE RESULTAT DE L’EDUCATION

 

« Le père du juste est dans l’allégresse, celui qui donne naissance à un sage aura de la joie. Que ton père et ta mère se réjouissent, que celle qui t’a enfanté soit dans l’allégresse ! » (Proverbes 23 : 24-25)

« Mon fils, si ton cœur est sage, mon cœur à moi sera dans la joie. » (Proverbes 23 : 15)

 

Quel sera le résultat d’une éducation selon les bons principes du livre des Proverbes (et du reste de la Bible) ? Pas forcément positif : très lucide, Salomon indique qu’un fils peut refuser de suivre les enseignements de la sagesse paternelle (Proverbes 10 : 1). L’histoire des rois de Juda et celle de nos familles montrent bien que les enfants ne suivent pas toujours l’exemple (bon ou mauvais) de leurs parents. En tant qu’éducateurs, nous n’avons pas une obligation de résultat, mais seulement une obligation de moyens. Aussi ne nous laissons pas accabler par un poids de responsabilité excessif et hors de propos : Dieu laisse chaque homme libre. Si nos enfants sont des « sages » ou des « justes », ce ne sera de toute façon qu’un effet de sa grâce, qui aura pu utiliser en partie l’éducation — toujours imparfaite — que nous aurons pu donner.

Ce texte s’inspire en partie d’une étude disponible sur le site américain www.bible.org. Nous recommandons vivement les études et les commentaires qui figurent sur ce site chrétien.

Une bible à parallèles ou une concordance pourront fournir d’autres références.
Certains versets de la Bible peuvent se comprendre sous deux sens différents, sans que le texte original permette de trancher entre l’un ou l’autre. Souvent d’ailleurs les deux sens se complètent et montrent l’équilibre de la Parole de notre Dieu.
Dans un accord entre le père et la mère (cf. l’article de L. Jouve sur ce sujet dans ce même numéro).

Le livre de G. Chapman et R. Campbell, Langages d’amour des enfants, présente cinq façons d’aimer ses enfants : en leur adressant des paroles valorisantes, en passant avec eux des moments de qualité, en leur offrant des cadeaux, en leur rendant des services, en les câlinant. Chaque enfant, selon ces auteurs, est plus ou moins sensible à chacun de ces langages..

Voir, par exemple, (Esaïe 10 : 5), où le terme a un sens métaphorique pour la « discipline » en général. - Transmis par René Barrois

 

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Promesse de Dieu pour nos enfants

 

« Mon fils, écoute l’instruction de ton père, et ne rejette pas l’enseignement de ta mère ! En effet, ce sera une couronne de grâce pour ta tête, et un collier pour ton cou. » Proverbes 1 : 8-9

 

Dieu promet sa bénédiction à ses enfants et celle-ci s’étend à leurs enfants. Ces derniers grandissent en bénéficiant des grâces que le Seigneur accorde à leurs parents croyants. En tant que parents chrétiens, nous savons que notre foi et notre héritage spirituel en Christ influencent nos enfants, mais nous savons également qu’un jour ils devront confirmer personnellement leur attachement à Jésus Christ.

Dans une famille, là où il y a au moins l’un des parents qui est un enfant de Dieu, les enfants vont grandir à la faveur des prières, du fruit de l’Esprit, de l’exemple de la vie de Christ dans une personne toute proche d’eux et capable de leur témoigner l’amour divin en action et en vérité.

Bien entendu, quand les deux parents sont croyants, bien des difficultés normales dans les relations conjugales trouvent leur solution dans la soumission commune au Seigneur Jésus, à sa parole et à l’action de l’Esprit de Dieu. Les enfants ne peuvent manquer d’être ainsi rendus sensibles à la présence divine dans le foyer et d’en ressentir les effets bénéfiques. L’influence conjointe des deux parents pour conduire une éducation sur des bases communes, conformes à la Parole de Dieu et à la crainte du Seigneur, donnera à l’enfant une bonne formation, utile pour toute sa vie.

Cela implique, pour les parents, un certain nombre de responsabilités. Ils sont les canaux de la grâce de Dieu et il leur appartient, entre autres privilèges, de pouvoir compter sur Dieu pour :

élever leurs enfants sous la discipline et les avertissements du Seigneur (Ephésiens 6 : 4)

leur apprendre à connaître la Parole de Dieu,

vivre journellement avec eux « sobrement, justement et pieusement » (Tite 2 : 12) et cela dans un monde fondamentalement, mais souvent insidieusement, opposé à Dieu.

L’Église a aussi une responsabilité envers les enfants de ses familles. La maison de Dieu n’est pas sans attraits pour les enfants et les adolescents. (Zacharie 8 : 5 ; 9 : 17). Chacun doit pouvoir y trouver sa place.

Quelle joie de savoir que Jésus est venu sauver ce qui était perdu, que notre Dieu veut être aussi celui de nos enfants, qu’il nous a confié leur éducation, qu’il entend nos prières à leur sujet et qu’il veut aussi révéler son Fils en eux au moment opportun. - Plaire au Seigneur



 

 


 

 

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